Compagnonnage 2021-2022_Cie En Cours de Route_Couture(s)_Scène broderies d’enfants

De et avec Flavie Chauvin
Flavie Chauvin : jeu, co-écriture
Ninon Juniet : mise en scène, co-écriture
Gabriel Gonzalez : scénographie et animation
Pauline Lebellenger : vidéo et montage sonore
Marion Sciuto : création lumière
Aurélien Vialette : aide à la production

Théâtre documentaire d’après témoignage

De fil en aiguille. Le fil tendu. Donner du fil à retordre. Au fil de l’histoire. Ne tenir qu’à un fil. Un fil à la patte. Donner un coup de fil. Cousu de fils blanc.

La Compagnie

La Compagnie En cours de Route, créée par Flavie Chauvin, rassemble des artistes pluridisciplinaires qui font dialoguer marionnette et documentaire, théâtre et cinéma. Son travail est axé sur les écritures et formes actuelles. Tenter de comprendre les problématiques contemporaines en mettant en évidence l’écart entre le monde réel et les mondes rêvés : en collectant la vie des gens, et en travaillant sur les utopies rendues possibles par les marionnettes.

Notre démarche artistique est tournée vers le mélange des générations. Celui-ci nous enrichit, nourrit nos créations et nous donne l’envie de transmettre à notre tour pour rendre vivante la mémoire collective. Nous accordons une attention particulière à la place des femmes. La proximité avec le public est également au cœur de nos réflexions.

Depuis 2021, Flavie Chauvin est artiste associée à Odradek.

Note d’intention

Ce projet peut être qu’il a commencé à mes 20 ans, à mon anniversaire, je demande une machine à coudre. Je me retrouve toute seule devant cet objet, ma mère ne sait pas m’aider et je… Ma grand-mère m’explique comment ça fonctionne, elle a l’air ravie et moi je me demande pourquoi ? Pourquoi j’ai demandé ça et surtout qu’est-ce qui a fait qu’une génération ait été sautée. (silence) Je crois qu’elle a voulu… Pas ma mère hein ma grand-mère… Je crois qu’elle a voulu donner le choix à ses filles. Un peu comme mon père avec l’agriculture, qui nous dit : “Faites des études comme ça vous aurez le choix”. C’est ça, l’idée d’avoir le choix de faire autre chose.

Un autre souvenir marquant, c’est il y a deux étés, en Suède. On rencontre Imani qui nous héberge chez sa grand-mère. A table il y avait aussi sa mère. Les trois générations réunies. On commence à parler, on ne se connaissait pas, seulement une amie en commun. Je raconte mes recherches pour Couture(s), ça n’avait même pas de titre à ce moment-là. Et il se trouve qu’à l’autre bout de l’Europe, bon ça reste l’Europe, cette famille a la même histoire que la mienne : Imani apprend la couture, avec sa grand-mère, puisque celle-ci ne l’a pas transmise à sa fille, la mère d’Imani. Tout ça pour des questions de féminisme, de libération, de donner le choix et aujourd’hui nous, on se remet derrière une machine à coudre.
Pourquoi ?

Il y a eu aussi, la lecture de l’essai  Un Féminisme décolonial de Françoise Vergès. Une claque ! J’ai compris comment les femmes de mon pays se sont affranchies des tâches ménagères, en les déléguant à d’autres femmes à l’autre bout du monde. Quitter sa condition d’esclave pour mettre en esclavage d’autres personnes… Oui, aujourd’hui ce sont des femmes sous-payées, mais aussi des enfants, qui nous habillent ! Comment on peut laisser faire ça ?

Flavie Chauvin